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Arbre
au feuillage aérien, typique de l'arc alpin, le mélèze
est notre seul conifère qui perd ses aiguilles dès
l'automne.
Sans cesse différent et pourtant toujours le même,
le mélèze (photo.
1)
présente des aspect multiples accordés à chaque
saison. La légèreté et la douceur de son feuillage
le rendent plus agréable que les autres résineux.
le soleil joue à travers ses fines aiguilles (photo.
2).
Il pousse jusqu'à 2 500 m (étage subalpin). Très
résistant au froid, il affectionne l'air sec et la lumière
intense de la haute montagne. On dit de lui qu'il est une essence
de lu mière. Tout comme les feuillus, il transpire abondamment
et perd ses aiguilles à l'automne. Il se plaît sur
les sols nus et aérés des versants nord (ubac) en
moyenne montagne. En haute altitude, il pousse indifféremment
sur les deux versants. On le dit espèce "pionnière"
car il pousse là où la forêt n'existe pas encore.
Il "colonise"
les éboulis, les cônes de déjection et d'avalanche
ou les moraines.
Son feuillage (photo.
2)
aéré favorise l'implantation d'un gazon frais et léger,
alors que sapins et épicéas, au couvert plus dense
empêchent tout développement d'une végétation
herbeuse De ce fait, l'homme a souvent favorisé l'extension
ou le maintien du mélèze dans le pâturage. Le
ski hors piste provoque des dégats importants aux jeunes
arbres. Bien souvent le jeune mélèze qui dépasse
ou qui est sur le point de dépasser le manteau neigeux est
mutilé, étêté ou ses branche arrachées.
Les arbres ont une croissance lente en montagne et bien souvent
les branches qui sortent de la neige appartiennent à un arbre
de 20 à 30 ans. Une montagne sans arbre est menacée
par l'érosion et les avalanches : la neige fraîche
qu'ils reçoivent avant de la laisser retomber sur le sol
"évolue" plus vite, fixant ainsi le manteau neigeux
et diminuant le risque d'avalanches.
Mélèze aux
quatre saisons ...
Quelque soit la saison, cet arbre élégant ravit le
regard. Au printemps, le vert tendre de son feuillage tranche sur
le bleu du ciel. C'est aussi le moment où "fleurit"
le mélèze. Les petites fleurs mâles, de couleur
jaune, dispersent, grâce au vent, le pollen qui va féconder
les cônes femelles rose framboise (photo. 3).
A mesure qur l'été avance, les fruits brunissent.
Les petits cônes ligneux dont les écailles s'épanouissent,
libéreront bientôt des graines ailées. Les cônes
encore jaunâtres sont ceux de l'an passé, ceux noirâtres
à gris ont deux ans déjà et ne vont pas tarder
à tomber. Ce sont donc trois générations de
cônes que vous pourrez observer sur une même branche.
L'écorce particulièrement épaisse est impénétrable
au gel, elle se crevasse profondément, laissant apparaître
une teinte brun-rougeâtre dans les fissures. |
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L'automne l'habille d'or pâle (photo.
1) qui peu à peu
flamboie. Enfin le vieil or se tarit et peu à peu s'éteint.
Ce sont les coups de vent froid de la fin de l'automne qui lui retirent
définitivement sa parure d'un été. Ainsi décharné,
il va passer l'hiver dans cette tenue. Ses admirateurs, les touristes
en visite d'hiver, sont fortement surpris et intrigués par
"ces forêts dont tous les arbres sont morts". Que
l'on se rassure, sans son feuillage, le mélèze vit
et prépare dans le froid et la tourmente une nouvelle parure
chaque année plus tendre.
Un ennemi tenace
Périodiquement, suivant une fréquence de 9 à
10 ans, la forêt jaunit, comme si elle dépérissait,
victime d'une maladie. La cause en est la prolifération d'un
miniscule papillon défoliant : la tordeuse du mélèze.
La forêt semble alors prise dans un vaste filet tissé
par les chenilles. Le printemps suivant verra renaître de
nouvelles aiguilles plus dures, plus résistantes qu'à
l'ordinaire et le jaunissement peu esthétique et inquiétant
de l'été précédent ne sera plus qu'un
mauvais souvenir.
L'accroissement de l'arbre portera cependant indélibile le
cerne sombre de cette année de croissance réduite.
L'examen d'une coupe révèle la régularité
du phénomène.
Utilisation du mélèze.
Son bois, à l'aubier mince blanc-jaunâtre,
entoure un coeur brun-rouge. Très imprégné
de résine, sa résistance à la sécheresse
(en altitude) et à l'intempérie est exeptionnelle.
Imputrescible, le bois de mélèze est apprécié
pour la charpente, la menuiserie et les bardeaux de toiture (pho.
4). En altitude, la forêt
de mélèze ne produit que 1 à 2 m³ de bois
par hectare chaque année, ce qui est peu comparé à
ses cousins des grandes forêts de sapins ou d'épicéas.
Saviez-vous que l'on récoltait autrefois sa résine
ambrée à senteur forte et agréable connue sous
le nom de térébenthine de Venise ou de Briançon
?
Elle s'écoulait de mai à septembre par des trous pratiqués
dans l'arbre et bouchés durant l'hiver. La préparation
des vernis fins et des laques absorbait la plus grande partie de
la production par ailleurs peu abondante.
Le mélèze vit dans toutes les Alpes jusqu'aux Carpathes.
En france, on le trouve en abondance en Savoie (Tarentaise et Maurienne)
mais également dans le Briançonnais, l'Embrunais et
le Champsaur et, plus au sud, en Ubaye, en Tinée et en Vésubie....
d'une longévité remarquable, le mélèze
peut vivre de 300 à 500 ans. Il subsiste de rares peuplements
de très vieux arbres dans le massif des Alpes. Ces vénérables
individus aux formes si tournementées qu'ils en sont pathétiques
peuvent atteindre près de 800 ans et 2 m de diamètre
!
Pour le reconnaître
Un tronc élancé, une cime conique, des branches grêles,
souples et "remontantes" (photo.
5)
portant des rameaux longs aux aiguilles isolées et des rameaux
courts réduits à de grosses verrues couronnés
par une rosette d'aiguilles.
Sous le couvert du mélèzin, vous découvrirez
le sénéçon de Fuchs, le mélampyre des
forêts, la myrtille, le géranium et la laitue des Alpes....
Le pinson et le pipit des arbres l'apprécient mais les espèces
caractéristiques sont la mésange, le grimpereau des
bois et le sizerin flamé. En hiver, le tétras-lyre
y trouverefuge notamment en Vanoise. Il a une prédilection
pour les versants nord d'altitude aux boisements clairs.
Le mélèze y permet le maintien d'une couche de neige
poudreuse épaisse dans laquelle le tétras se façonne
un gîte (igloo).
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| Bibliographie : "Le mélèze"
- collection Bt nature |
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